Vers une gratuité des soins psychologiques

LE CONSTAT: TROP DE MEDICAMENTS PSYCHOTROPES PRESCRITS

Aujourd’hui consulter un psychologue vous coute environ entre 40 et 60 euros la séance,  généralement, le patient devra consulter plusieurs fois pour trouver un mieux être. Ces soins couteux ne sont pas pris en charge par l’assurance maladie. Eventuellement,  certaines mutuelles peuvent prendre en charge quelques séances. Ce coût non négligeable a comme conséquence d’exclure certains patients des cabinets de consultation. Ils se retrouvent alors chez leur médecin généraliste qui à la différence du psychologue ne peut mettre en place une thérapie non médicamenteuse. Enfin, une  solution consiste à  consulter un psychiatre qui lui pourra lui éventuellement fournir un soin non médicamenteux.

Tout trouble psychique ne se soigne pas toujours avec des médicaments, or, en France nous sommes les champions européens pour la consommation d’anti-dépresseurs. Le constat de ce record est facile à faire: une grande majorité de  patients ne peut pas accéder à des soins chez un psychologue faute de moyens alors que dans d’autres pays européens, l’accès aux soins est facilité par un remboursement de ces frais.

VERS UNE GRATUITE DES THERAPIES NON MEDICAMENTEUSES

Face à cela, les pouvoirs publics ont décidé de réagir et de mettre en place une expérimentation qui vise à une  gratuité des soins proposés chez un psychologue.

En effet, dès début 2018, les assurés des départements de la haute Garonne, des Bouches du Rhône et du Morbihan, âgés entre 18 et 60 ans pourront bénéficier d’une gratuité des soins chez un psychologue pour des troubles psychiques légers à modérés. Pour cela, il suffira de se rendre chez son médecin généraliste qui prescrira dans un premier temps une évaluation du trouble par un psychologue. En fonction des troubles, il pourra alors être proposé par le psychologue une première série de 10 séances maximum de 30 minutes. Puis si le psychologue le juge nécessaire une autre série de 10 séances de 3/4 d’heure pourra alors être proposé. Le patient pourra bénéficier ainsi de 20 séances de thérapies chez un psychologue soit l’équivalent d’un traitement de 5 mois ce qui n’est pas négligeable.

Il n’y aura pas d’avance de frais par le patient,  le psychologue sera directement  payé par l’assurance maladie.

Attention toutefois au choix du psychologue, il devra être impérativement choisi par le patient à partir d’une liste que le médecin traitant lui aura fourni. En effet, cette expérimentation est soumise à l’accord écrite du psychologue. Si le psychologue n’a pas signé une convention avec la sécurité sociale, ses patients ne pourront pas bénéficier de cette gratuité des soins.

POUR UNE GENERALISATION DES THERAPIES MEDICAMENTEUSES

Malgré un certain nombre de contraintes imposées par la sécurité sociale aux psychologues pour faire partie de l’expérimentation, j’ai choisi d’y participer car je  suis intimement convaincue que la plupart des troubles psychiques peuvent être soignés sans l’usage de médicaments, d’anti-dépresseurs, d’anxiolytiques, de médicaments psychotropes qui génèrent  effets indésirables et risques de dépendance.  Je milite depuis quelques années pour faire cesser la prescription systématique de médicaments, je suis donc persuadée que cette expérimentation est un bon choix en matière de santé publique.

Enfin, j’adhère bien entendu totalement à l’idée de pouvoir donner l’accès à ces thérapies non médicamenteuses à un très grand nombre d’individu et surtout aux plus démuni.

Au terme de cette expérimentation d’une durée de 3 ans, les services publics décideront, en fonction du bilan,  si cette prise en charge aura eu  un impact  positif au niveau de l’amélioration de la qualité de vie des patients et aussi en matière d’économie de santé.

A nous, psychologues, médecins généralistes mais aussi patients,  d’oeuvrer pour qu’un bilan positif puisse être fait au terme de l’expérimentation (3 ans) et qu’une généralisation à l’ensemble des patients et à l’ensemble du territoire Français puisse se réaliser.