Les maladies psychosomatiques

Le mot Psychosomatique a pour étymologie: « psycho » qui signifie esprit et « somatique » qui désigne le corps. Ce terme désigne ainsi tous les troubles psychiques qui se manifestent dans le corps et ce que l’on appelle couramment les maladies psychosomatiques. Ainsi, le corps exprime un mal être psychique, il n’y a aucune lésion organique mais pourtant certains endroits du corps font mal. Ils font mal parce que la psyché ne parvient pas à s’exprimer qu’ à travers le corps. Il ne s’agit en aucun d’une « maladie imaginaire », les troubles physiques sont bien réels mais on n’observe pas de lésion ou de dysfonctionnement organique. Ces divers maux prennent la forme de migraine, de mal de dos, mal de ventre, d’asthme, de maladie de peau comme l’eczéma, le psoriasis etc….

 

Dans le cadre d’une maladie psychosomatique, la pris en charge psychologique consiste à faire émerger chez le patient ses émotions, ses traumatismes psychiques puisque le patient ne parvient pas à les exprimer. Ce défaut d’élaboration mentale entrainant alors comme déjà précisé une autre voie d’expression que la parole mais le langage corporel. En quelque sorte, le corps exprime ce que la psyché n’arrive pas à exprimer, soit par pudeur, soit parce que le patient a construit de telles défenses psychiques comme le refuge dans l’intellectualisation, la rationalisation, la suractivité physique, professionnelle, intellectuelle etc… et qui font barrage à une expression de soi. Quelqu’en soit les causes, dans la maladie psychosomatique on est face à un mode de fonctionnement non conscient et la psyché n’a alors que les tensions corporelles pour s’exprimer.

Ainsi, le fait de parvenir à faire émerger dans la psyché ces émotions refoulées ou des situations qui ont été vécues sur un mode traumatologique permet ainsi pour le patient de supprimer voire de limiter, ces divers manifestations corporelles.

Les maladies psychosomatiques sont donc des maladies réelles qui nécessitent une prise en charge thérapeutique. Il faut ainsi tordre le cou à des idées préconçues qui consiste à penser que s’il n’y a pas de lésion organique dans le corps c’est qu’il n’y a rien que ce n’est que de l’imaginaire et que cela va passer. Au travers de l’expression douloureuse du corps se cache une véritable souffrance psychique et une nécessaire prise en charge psychologique pour faire rejaillir et traiter cette dernière.

Le Harcèlement

Le harcèlement se définit comme un ensemble d’agissements hostiles d’une personne ou d’un groupe de personne envers une autre personne. Ces agissements portent atteinte à la personnalité, à la dignité et à l’intégrité physique ou psychique d’une personne. Le but recherché est de soumettre une personne. Elle devient alors un objet de soumission entre les mains d’une autre personne ou d’un groupe de personne. Le harcèlement peut toucher diverses sphères de la vie d’une personne. Il peut être à caractère verbal ou psychique (harcèlement moral), à caractère sexuel (harcèlement sexuel) ou enfin à caractère physique par le biais d’agressions, de coups.

Pour mieux comprendre le harcèlement, il est possible de l’illustrer en le rapprochant  du jeu du chat et de la souris. Le chat plus fort que la souris, s’amuse avec elle au départ pour la dévorer par la suite.

Le harcèlement vise donc à réduire à néant une personne, en la « tuant » dans son humanité. Ces agissements sont donc graves et nécessitent que la personne soit reconnue et protégée de son agresseur ou de ses agresseur. Le législateur l’ a très bien compris en punissant pénalement tout auteur d’harcèlement. Mais cela ne suffit pas.

Le harcèlement laisse des blessures profondes sur un plan psychique qui doivent être soignées.  La victime de harcèlement, soit parce qu’elle est sidérée ou parce que des pensées obsédantes l’envahissent, n’arrive généralement pas d’elle même à dépasser ses blessures psychiques. Des symptômes peuvent aussi apparaitrent comme des tentatives de suicide, des conduites addictives, des mises en danger, des dépressions, des phobies etc…

 


La difficulté également c’est que la victime puisse s’échapper de son agresseur. Il faut comprendre que la victime peut culpabiliser de ne pas avoir su faire face ou s’être sentie démunie. Elles ne parvient  pas  à réagir, à se défendre. C’est à son environnement que revient la tâche de repérer un proche victime d’harcèlement, notamment chez les enfants. L’entourage doit être attentif à tout changement d’attitudes, à repérer des symptômes, à surveiller, parfois à enquêter et enfin à mettre en place un dialogue avec la victime. Une fois repérée, il s’agira alors d’orienter cette personne vers des structures de protection et de soins.

UNE EXPERTISE PSYCHOLOGIQUE EST NECESSAIRE

Par rapport à cette répercussion sur le psychisme, il est donc nécessaire que chaque victime de harcèlement puisse être vue par un psychologue. Ce psychologue déterminera la gravité des blessures psychiques. Il pourra proposer une prise en charge psychologique.

Parfois, la victime présente  aucun symptôme psychique dans l’immédiat. La difficulté sera alors de faire le lien par la suite entre les symptômes qui se manifesteront et le traumatisme subit. Ces symptômes à retardement peuvent conduire à des erreurs de diagnostic et à une prise en charge psychologique non adéquate. D’où l’intérêt pour une victime de harcèlement de consulter un psychologue même aucun signe de souffrance psychique ne semble s’être manifesté dans l’immédiat.

LA PRISE EN CHARGE PSYCHOLOGIQUE

Le harcèlement provoque généralement une sidération de la personne qui ne parvient pas à exprimer ses ressentis, ses émotions. Le harcèlement peut aussi provoquer chez la victime des pensées obsédantes dans lesquelles elle se remémore sans fin ces actes subis y compris dans son sommeil par le biais de cauchemars. Quelque soit le mode de réaction, la victime n’arrive pas à les dépasser. 

La prise en charge psychologique s’articule autour d’un travail de reconstruction psychique car le harcèlement déshumanise la victime, la détruit de l’intérieur.  Pour cela, il s’agit d’aider la victime à dégager des émotions lorsqu’elle évoque le harcèlement, de l’aider à sortir de sa sidération ou de ses pensées obsédantes. Il s’agit de travailler sur les émotions comme  la colère, la tristesse de façon à l’aider à dégager des ressources psychiques. Ces ressources psychiques agiront alors comme une barrière protégeant la victime et l’empêchant de revivre dans le souvenir ces actes de harcèlement. Il peut toutefois s’agir  d’un travail assez long surtout si la victime cumule un certain nombre de traumatismes psychiques anciens non traités.

Une fois que la victime aura pu faire une élaboration mentale de ce qu’elle a subi, elle pourra redevenir la personne qu’elle était avant ces événements. Elle aura ainsi les ressources psychiques nécessaires pour ne pas s’effondrer à nouveau et éventuellement si elle le souhaite intenter un procès ou aider d’autres victimes de harcèlement.

 

Le traumatisme psychique

Le traumatisme psychique est la conséquence  d’une exposition à un événement violent où la personne a senti sa vie menacée ou qu’elle a été témoin d’un acte violent ou de la mort d’une autre personne. Cet événement doit être soudain, imprévisible, d’une extrême violence et met la personne face à de l’effroi. Il peut s’agir d’acte de terrorisme, de barbarie, d’agression ou d’accident collectif ou individuel.

Cependant, tous ces événements n’entrainent pas toujours un traumatisme chez toutes les personnes qui ont été exposées. Généralement, ce qui amène un traumatisme psychique est lié au fait que la personne a vécu cette situation en se sentant dépassée, incapable de réagir ou en réagissant de façon incontrôlée, désordonnée.

Les traces de l’événement traumatique

Cet événement va alors laisser dans les souvenirs des traces dans sa psyché sous forme de perceptions. Il peut alors s’agir de perceptions:

– olfactives (odeur du sang),

-auditives (bruit d’explosion, de claquement),

– et/ou cénesthésique (froid de la lame du couteau).

Ces diverses perceptions parce qu’elles ne parviennent pas à une décharge émotionnelle,   vont alors continuer à entretenir la mémoire de l’événement traumatique. C’est en quelque sorte,  une panne émotionnelle qui empêche toute élaboration mentale nécessaire pour dépasser cet événement traumatique.

Les conséquences de l’événement traumatique

Suite à cet événement traumatique, une période de latence peut s’installer. Il s’agit d’une période pendant laquelle la personne ne manifestera aucun symptôme. Cette période peut être très longue et se manifester soudainement dans la vie de la personne. Cependant d’autres personnes peuvent manifester des symptômes et ce dès les jours qui vont suivre cet événement violent.

Parmi les symptômes, il peut y avoir des troubles de l’adaptation (professionnelles, sociales, familiales), des troubles de l’humeur (changement d’humeur, sautes d’humeur, humeur dépressives..), des plaintes somatiques,  des cauchemars nocturnes, des reviviscences diurnes de l’événement, des sursauts, une hypervigilance constante, des inhibitions (éviter certains endroits, certains contextes, sociales…). Les symptômes empoissonnent la vie de la personne et l’empêchent de vivre comme avant l’événement traumatisant.

Une prise en charge nécessaire

La personne qui a été exposée à un événement violent, sous l’effet de l’effroi ressenti lors de l’événement, n’a pu qu’enregistrer que des perceptions. Elle est dans une incapacité à revivre l’événement autrement qu’au travers de ses perceptions. Or, ces perceptions freinent toute possibilité d’une élaboration mentale. Ainsi, toute situation, tout contexte, toute odeur, tout bruit auxquels la personne sera exposée par la suite, lui feront revivre à nouveau  cet événement. Afin d’éviter que la personne soit enfermée dans une répétition traumatique de l’événement, mais aussi pour que les symptômes disparaissent, une prise en charge psychologique peut alors être proposée. Elle consistera à faire émerger des décharges émotionnelles qui viendront  se rajouter aux perceptions. Elles perdront alors leur caractère traumatique car une élaboration mentale sera alors possible. Il s’agit alors au travers de la parole, à inviter la personne à évoquer cet événement en faisant émerger ses émotions qui lui ont fait défaut. Par ce travail de reconstitution de l’événement traumatique sous l’angle émotionnel, une élaboration mentale sera alors possible ce qui permettra à l’événement de perdre son effet traumatique .