Les maladies psychosomatiques

Le mot Psychosomatique a pour étymologie: « psycho » qui signifie esprit et « somatique » qui désigne le corps. Ce terme désigne ainsi tous les troubles psychiques qui se manifestent dans le corps et ce que l’on appelle couramment les maladies psychosomatiques. Ainsi, le corps exprime un mal être psychique, il n’y a aucune lésion organique mais pourtant certains endroits du corps font mal. Ils font mal parce que la psyché ne parvient pas à s’exprimer qu’ à travers le corps. Il ne s’agit en aucun d’une « maladie imaginaire », les troubles physiques sont bien réels mais on n’observe pas de lésion ou de dysfonctionnement organique. Ces divers maux prennent la forme de migraine, de mal de dos, mal de ventre, d’asthme, de maladie de peau comme l’eczéma, le psoriasis etc….

 

Dans le cadre d’une maladie psychosomatique, la pris en charge psychologique consiste à faire émerger chez le patient ses émotions, ses traumatismes psychiques puisque le patient ne parvient pas à les exprimer. Ce défaut d’élaboration mentale entrainant alors comme déjà précisé une autre voie d’expression que la parole mais le langage corporel. En quelque sorte, le corps exprime ce que la psyché n’arrive pas à exprimer, soit par pudeur, soit parce que le patient a construit de telles défenses psychiques comme le refuge dans l’intellectualisation, la rationalisation, la suractivité physique, professionnelle, intellectuelle etc… et qui font barrage à une expression de soi. Quelqu’en soit les causes, dans la maladie psychosomatique on est face à un mode de fonctionnement non conscient et la psyché n’a alors que les tensions corporelles pour s’exprimer.

Ainsi, le fait de parvenir à faire émerger dans la psyché ces émotions refoulées ou des situations qui ont été vécues sur un mode traumatologique permet ainsi pour le patient de supprimer voire de limiter, ces divers manifestations corporelles.

Les maladies psychosomatiques sont donc des maladies réelles qui nécessitent une prise en charge thérapeutique. Il faut ainsi tordre le cou à des idées préconçues qui consiste à penser que s’il n’y a pas de lésion organique dans le corps c’est qu’il n’y a rien que ce n’est que de l’imaginaire et que cela va passer. Au travers de l’expression douloureuse du corps se cache une véritable souffrance psychique et une nécessaire prise en charge psychologique pour faire rejaillir et traiter cette dernière.

Vers une gratuité des soins psychologiques

LE CONSTAT: TROP DE MEDICAMENTS PSYCHOTROPES PRESCRITS

Aujourd’hui consulter un psychologue vous coute environ entre 40 et 60 euros la séance,  généralement, le patient devra consulter plusieurs fois pour trouver un mieux être. Ces soins couteux ne sont pas pris en charge par l’assurance maladie. Eventuellement,  certaines mutuelles peuvent prendre en charge quelques séances. Ce coût non négligeable a comme conséquence d’exclure certains patients des cabinets de consultation. Ils se retrouvent alors chez leur médecin généraliste qui à la différence du psychologue ne peut mettre en place une thérapie non médicamenteuse. Enfin, une  solution consiste à  consulter un psychiatre qui lui pourra lui éventuellement fournir un soin non médicamenteux.

Tout trouble psychique ne se soigne pas toujours avec des médicaments, or, en France nous sommes les champions européens pour la consommation d’anti-dépresseurs. Le constat de ce record est facile à faire: une grande majorité de  patients ne peut pas accéder à des soins chez un psychologue faute de moyens alors que dans d’autres pays européens, l’accès aux soins est facilité par un remboursement de ces frais.

VERS UNE GRATUITE DES THERAPIES NON MEDICAMENTEUSES

Face à cela, les pouvoirs publics ont décidé de réagir et de mettre en place une expérimentation qui vise à une  gratuité des soins proposés chez un psychologue.

En effet, dès début 2018, les assurés des départements de la haute Garonne, des Bouches du Rhône et du Morbihan, âgés entre 18 et 60 ans pourront bénéficier d’une gratuité des soins chez un psychologue pour des troubles psychiques légers à modérés. Pour cela, il suffira de se rendre chez son médecin généraliste qui prescrira dans un premier temps une évaluation du trouble par un psychologue. En fonction des troubles, il pourra alors être proposé par le psychologue une première série de 10 séances maximum de 30 minutes. Puis si le psychologue le juge nécessaire une autre série de 10 séances de 3/4 d’heure pourra alors être proposé. Le patient pourra bénéficier ainsi de 20 séances de thérapies chez un psychologue soit l’équivalent d’un traitement de 5 mois ce qui n’est pas négligeable.

Il n’y aura pas d’avance de frais par le patient,  le psychologue sera directement  payé par l’assurance maladie.

Attention toutefois au choix du psychologue, il devra être impérativement choisi par le patient à partir d’une liste que le médecin traitant lui aura fourni. En effet, cette expérimentation est soumise à l’accord écrite du psychologue. Si le psychologue n’a pas signé une convention avec la sécurité sociale, ses patients ne pourront pas bénéficier de cette gratuité des soins.

POUR UNE GENERALISATION DES THERAPIES MEDICAMENTEUSES

Malgré un certain nombre de contraintes imposées par la sécurité sociale aux psychologues pour faire partie de l’expérimentation, j’ai choisi d’y participer car je  suis intimement convaincue que la plupart des troubles psychiques peuvent être soignés sans l’usage de médicaments, d’anti-dépresseurs, d’anxiolytiques, de médicaments psychotropes qui génèrent  effets indésirables et risques de dépendance.  Je milite depuis quelques années pour faire cesser la prescription systématique de médicaments, je suis donc persuadée que cette expérimentation est un bon choix en matière de santé publique.

Enfin, j’adhère bien entendu totalement à l’idée de pouvoir donner l’accès à ces thérapies non médicamenteuses à un très grand nombre d’individu et surtout aux plus démuni.

Au terme de cette expérimentation d’une durée de 3 ans, les services publics décideront, en fonction du bilan,  si cette prise en charge aura eu  un impact  positif au niveau de l’amélioration de la qualité de vie des patients et aussi en matière d’économie de santé.

A nous, psychologues, médecins généralistes mais aussi patients,  d’oeuvrer pour qu’un bilan positif puisse être fait au terme de l’expérimentation (3 ans) et qu’une généralisation à l’ensemble des patients et à l’ensemble du territoire Français puisse se réaliser.

LA BOULIMIE

La boulimie est un trouble du comportement alimentaire au même titre que l’anorexie. Elle  correspond à une perturbation dans l’acte de manger. Il s’agit de manger de façon excessive, de façon avide pendant ou en dehors des repas. Cette frénésie alimentaire n’est pas liée à une sensation de faim mais répond plutôt à un besoin de calmer des tensions intérieures. Ainsi, c’est parce que la personne se sent mal, tendue, qu’elle a un besoin de manger, pour se calmer. L’acte de manger dans le cadre de la boulimie consiste donc à apaiser des tensions intérieures.

Cependant, chercher à apaiser des tensions, génère aussi d’autres  tensions comme le remords de n’avoir pas su se stopper, d’avoir trop mangé, de prendre du poids, de ne pas savoir tenir ses résolutions etc…. Ainsi,  un  cercle vicieux s’installe  puisque apaiser des tensions en appelle d’autres….

La boulimie est donc une dépendance alimentaire car l’acte alimentaire lui même, génère des tensions qui doivent être apaisées en mangeant.

Du fait de cette dépendance, la boulimie est donc un trouble sérieux qui nécessite une prise en charge psychologique.

les consequences dE LA boulimie

La boulimie a des conséquences sur la prise de poids et donc sur la santé avec une augmentation des risques de maladies cardio-vasculaires. Dans le cadre d’une boulimie avec vomissement, il y a un risque de graves conséquences au niveau de la trachée, de l’estomac.

Outre l’aspect médical, la boulimie entraîne  une dépendance psychique comme nous l’avons vu précédemment mais aussi une perte de confiance en soi et d’estime de soi. Dans le cadre de boulimie sans vomissement, l’image de soi peut aussi être atteinte.

La boulimie est donc un véritable trouble psychique qui nécessite des soins.

LA PRISE EN CHARGE PSYCHOLOGIQUE DE LA BOULIMIE

Il s’agit dans un premier temps de repérer les éléments/événements dans l’histoire de la personne qui souffre de boulimie. En effet, la boulimie est la conséquence d’un manque d’éléments structurants lors de l’enfance. L’enveloppe psychique de la personne est perforée à cause de ces éléments manquants. Cette perforation explique alors l’incapacité qu’a la personne à parvenir à dépasser ses tensions et de l’obligation de passer par l’acte alimentaire. Il s’agit donc de se remplir et de venir boucher les trous de cette enveloppe psychique perforée . Ainsi, chaque tension psychique ressentie nécessite un apport de l’extérieur qui va venir colmater  cette structure psychique défaillante.

Ainsi, la prise en charge que je propose vise à renforcer cette enveloppe psychique responsable de ce comportement addictif..  Cette prise en charge ne vise donc nullement à trouver des stratégies dites « coupe faim »  comme par exemple pratiquer un sport pour occuper l’esprit car cela ne résout en rien le comportement addictif et ne ferrait que déplacer le problème vers une autre forme de boulimie (sport, travail, affectif etc…).

La prise en charge psychologique permet aussi de restaurer la confiance en soi et l’assurance en soi en favorisant  la compréhension par la personne, des mécanismes psychiques qui ont conduite vers ce trouble. Il s’agit par là même de revaloriser narcissiquement la personne. Cette revalorisation narcissique contribue aussi à renforcer l’enveloppe psychique de la personne.

Cette prise en charge qui peut être assez longue est donc une thérapie  qui s’appuie sur la source du trouble. C’est en travaillant ainsi que la personne pourra sortir de sa dépendance alimentaire et de trouver un équilibre psychique et sa liberté.

LE MANQUE DE CONFIANCE EN SOI

Le manque de confiance en soi est lié à une mésestime de ses capacités à faire une action. Il est lié à un manque d’estime de soi qui est une notion beaucoup plus large que la confiance en soi. Cette estime de soi se construit tout le long de la vie. Elle s’appuie sur un ensemble de valeurs personnelles mais aussi sur des expériences auxquelles la personne aura été confrontées. Ces expériences seront alors qualifiées par la personne bonnes ou mauvaises. Par exemple, lorsque la personne agit dans le respect de ses idées, elle augmente son estime d’elle. A l’inverse quand elle agit contre ses idées, elle le diminue. De même,  dés lors que la personne cumule un ensemble d’expériences qu’elle juge positive, son estime d’elle augmente. Cette notion de jugement est une notion purement singulière et dépend donc des personnes. Dans l’estime de soi, il y a donc une notion de jugement propre sur soi. Cette notion de jugement se construit principalement lors de  l’enfance viendra s’actualiser comme une clef d’analyse des représentations à l’âge adulte. Ces expériences perçues comme positives ou négative par une personne sont  principalement le fruit des interprétations qui ont eu lieu lors de l’enfance.  Cette clef de lecture donnera en quelque sorte la façon dont la personne va classer ses expériences par la suite. C’est en fait une vision de l’esprit comme celle qui consiste à voir un verre à moitié plein ou à moitié vide. C’est  à dire une façon d’analyser de façon positive ou négative.

Les expériences de l’enfance

Les perceptions que l’enfant a de lui sont très souvent, liées à la façon dont les parents présentent leur enfant et parlent de lui. S’ils le valorisent, le dévalorisent, le sur-protègent ou ne disent rien de lui. L’attitude des parents constitue donc une toute première représentation de soi qui conduit vers une bonne ou une mauvaise estime de soi. Ainsi, plus l’enfant est valorisé plus il se sentira fort et aura une bonne estime de lui. Toutefois, le trop de valorisation peut être un handicap car cela risque d’enfermer l’enfant dans une néo-réalité à laquelle les autres enfants refuseront d’adhérer et qui le laissera en marge des autres. Il faut donc une valorisation parentale suffisante mais pas trop en décalage avec la réalité.

On peut aussi ajouter que le style d’éducation parentale a un impact sur l’estime de soi. Un style parental autoritaire ou négligeant ne valorise pas l’enfant à l’inverse d’un style parental fait d’attention et d’encouragement.

L’école est aussi le lieu où l’enfant peut être valorisé par  l’attitude encourageante des professeurs,  la réussite scolaire et la comparaison de ses performances avec les autres enfants.

Pour une bonne estime de soi à l’âge adulte, il est donc nécessaire que l’enfant ait une représentation harmonieuse de lui.

Des micros-traumatismes.

Les mauvaises expériences auxquelles l’enfant a été confronté, agissent comme des micros-traumatismes qui vont alors blesser narcissiquement l’enfant.  Ces blessures peuvent alors l’inhiber à agir et/ou  lui donner une perception d’impuissance acquise c’est à dire que malgré les efforts rien ne peut changer. Pour échapper à ces perceptions d’impuissance, la personne peut avoir recours à une consommation de produits calmants (drogue, alcool, médicaments, nourriture ). Des dépressions, des crises d’anxiété généralisée peuvent aussi apparaitre.

Des solutions

Face à cela, il est possible de trouver un nouvel équilibre psychique. D’abord en agissant sur des schémas de pensée, des représentations, de les  modifier de façon à les rendre plus épanouissant pour la personne. Il s’agit aussi de transformer des expériences perçues négativement en expérience positive.

Il faut donc travailler sur les représentations mais aussi il apparait important d’engager un travail psychique sur les blessures narcissiques. La méthode consiste pour un psychologue de les faire resurgir par la parole car elles sont souvent devenues inconscientes. Les faire émerger permet de les « digérer » psychiquement. Ainsi, émergées, les blessures n’agiront plus comme un électron libre en portant atteinte à une bonne estime de soi. En améliorant l’estime de soi, on prend à nouveau confiance en soi.

Qu’est ce qu’un psychologue clinicien?

Le psychologue

Le titre de psychologue est défini part l’article 44 de la loi n°85-772 du 25/07/1985. Le psychologue a une formation universitaire de type bac+5 (Master 2, DESS ou DEA) et qui est complétée d’un stage de professionnalisation auprès d’un psychologue.

Le métier de psychologue est régi par un code de déontologie qui précise les obligations et les devoirs du psychologue. Le code de déontologie stipule notamment que le psychologue doit exercer son travail dans le respect des droits fondamentaux de la personne: respect de la dignité de la personne, de la liberté , du respect du secret professionnel (non divulgation de la vie de la personne) etc….

La mission du psychologue telle que le défini le code de déontologie, est de faire reconnaitre et respecter la personne dans sa dimension psychique, il est le professionnel du fonctionnement psychique.

Les psychologues ont cependant des spécialités diverses. Ainsi, le psychologue du travail est spécialisé dans les rapports entre des individus dans leur travail, le psychologue cognitif est quant à lui axé sur la faculté d’apprendre et de connaître etc….

Le psychologue clinicien

Le psychologue clinicien quant à lui, a un rôle dans le décryptage des souffrances psychiques, des émotions, des ressentis, du comportement de la personne. Pour cela, il met au service de la personne ses connaissances en matière de fonctionnement de l’appareil psychique, il met aussi à la disposition de la personne toute son écoute, son soutien, son empathie, son humanité afin d’aider la personne à (re)trouver son équilibre intérieur, une vie plus sereine, plus saine et pleinement intégrée socialement.

Le psychologue clinicien peut aussi être sollicité par toute personne qui souhaite développer son potentiel personnel par une meilleure gestion de ses émotions, par une meilleure estime de soi, une meilleure confiance en soi etc….

Quelle que soit la cause de consultation, le psychologue clinicien met à la disposition de chacun toutes ses connaissances, soutien, écoute, humanité pour  qu’il puisse mieux se comprendre, mieux  s’accepter et mieux se connaître.